Association des auteurs et auteures de l’Estrie

Auteures et auteurs š› à chacun son branding (Bulletin L’Alinéa — Automne 2016)

Je ne peux penser à ma jeune expérience d’écrivaine sans faire un parallèle entre ma profession de spécialiste des communications marketing et celle d’auteure. J’œuvre dans le vaste monde du marketing depuis des décennies. Alors vous vous imaginez bien qu’une fois à bord de cette merveilleuse aventure qu’est l’écriture, j’avais une idée précise sur la manière de réaliser LA stratégie ciblée afin de démarquer mon livre nouveau-né et de lui ouvrir le marché avec aisance.

Tout a parfaitement débuté et tout de GO ! me voilà à la ligne de départ, partie en trombe comme bien d’autres l’ont fait avant moi lors d’un lancement de livre.  Bref, je suis passée au pas de course à la lancée des journalistes, revues de presse, entrevues, présentations, salons du livre, conférences, dédicaces, clubs de lecture et tous les artifices des premiers instants. Puis, quatre mois plus tard… respire par le nez ou meurs… l’heure est à la pause santé, puis à la réflexion.

Salon du livre MCG

La vérité, c’est que mon plan n’a pas tout à fait fonctionné comme prévu et que je me suis rendu compte,  même si au zéro départ j’en étais consciente, que des livres, il y en a une tonne, deux et même trois, partout, partout.  Alors la sagesse, et surtout l’exaspération de cette personne, qui vend de l’image et du branding depuis longtemps, a envie de dire à tout le monde : calmons-nous et arrêtons cette frénésie au nom du bon sens et de la saine concurrence.

Aujourd’hui, avec un peu de recul, je me rends compte que ma conception du moment manquait de discernement. Observer, écouter et noter les conseils des collègues auteurs devenaient des avenues plus posées et me rendaient mon équilibre mental.  Cependant, à travers tous ces discours, je réalisais qu’il y avait là une dissonance assez évidente.  Plusieurs me confiaient  leur difficulté à prendre leur espace, leur place, à s’afficher, à se faire remarquer simplement dans le but de tirer leur épingle du jeu.

Un branding, une marque débutent par les réalisations et les accomplissements personnels. Il est évident que chacun prend sa place avec la personnalité qu’il dégage, avec son expertise et son expérience. Même si la popularité des auteurs plus accomplis et plus en vue semble occuper une bonne partie de l’espace littéraire, il reste qu’un auteur moins connu possède des atouts qui lui appartiennent.

C’est cette couleur  »marketable » qui me semble être le meilleur moyen de se faire connaître et de partir à la conquête du marché. Cette feuille de route unique est derrière chaque personnage qui a écrit un livre et l’a publié.  J’ai surtout compris par ces témoignages d’auteurs, que chacun d’entre nous portait son manuscrit, son livre, son œuvre  sur son cœur et que le véritable sens de l’histoire ne pouvait être mieux exprimé par aucune autre personne que celle qui l’a porté pendant d‘incalculables moments , de nombreuses heures, assise devant une page blanche à réfléchir à la phrase qui suivra.

Le branding de l’auteur se vit, s’affiche, se raconte entre les paragraphes, entre les phrases, parfois en prose, parfois en poésie ou en vers. Cette véritable marque est pleinement  vivante et se dessine à l’arrière-plan de chaque bouquin. On ne peut définir sa marque sans les valeurs de ces aspects qualitatifs. L’interaction entre le sens profond des mots et celui qui les a unis existe grâce à l’auteur. À chacun son branding,  je viens de me le faire confirmer une fois de plus.

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