Hommage à maman chérie

Cowansville, 9 décembre 2017 – Hommage à Rita chérie

De mes plus lointains ou plus jeunes souvenirs, j’ai toujours connu maman comme étant une femme qui se donnait toute entière à sa famille et son entourage. Une Rita chérie qui s’oubliait constamment pour s’assurer des p’tits bonheurs de ses 4 filles et de ses gendres, de ses 5 petits-enfants qu’elle a tant choyés ; que dire de Paul et Madeleine ses 2 arrières petits qui comblaient ses conversations pendant toute une semaine après leur visite. Bien sûr elle a été là, pour gâter son Aimé pendant plus de 64 années et à son tour papa l’a bien protégé. Maman ne pensait jamais à elle… elle s’occupait de son monde… tout simplement.

Rita cuisinait des repas en 10 minutes, faisait des gâteaux Reine Elizabeth les yeux fermés, prenait le temps de bavarder avec une cliente du Dry Cleaning, partait faire son épicerie entre deux brassants de lavage, conduisait une de ses filles à ses leçons de piano, déménageait nos pénates tous les étés pour que nous puissions profiter du lac à « Bondville » au chalet « La Vieille maison », refaisait les boîtes pour le retour en classe et l’incontournable Big Brome Fair, et dans ses temps libres, elle organisait les meilleurs BBQ partys, toujours bien arrosés on s’en souvient ; avec les « p’tits coquelicots » de ses sœurs et des charmantes cousines.

À travers tout son dévouement, je n’ai jamais entendu Rita chérie se plaindre ou dire qu’elle en avait assez.

Toujours sur une patte ou sur l’autre, combien de fois est-ce qu’on lui a dit « m’Mam » veux-tu bien t’asseoir au fond de ta chaise et débrancher ton spring…

Tout l’monde qui la connaissait se souvient d’elle comme je viens de la décrire, je ne vous apprends rien.

Maintenant, laissez-moi vous raconter la dernière leçon qu’une maman caneton a transmise à ses petits canetons dans les derniers 6 mois de sa vie. Les 6 derniers mois que maman a vécu à la résidence Bromont.

Maman ne pouvait plus se déplacer seule et forcément ne pouvait plus faire sa beauté seule et s’occuper de ses propres affaires. Physiquement, elle était à la merci de tous, mais je peux vous affirmer que maman était devenue celle qui prenait soin de tout le monde, à sa manière. On la surnommait la Rita d’AMOUR du # 10. Combien de fois nous avons été témoin mes sœurs et moi, des préposés et des infirmières qui venaient prendre leur « pause » avec elle, seulement pour être assises à ses côtés… lui parler de tout et de rien, profiter de sa présence, s’inspirer de sa joie et de s’emplir de son sourire pour la journée.

Rita était devenue une deuxième maman offrant son amour inconditionnel à tous ceux et celles qui la côtoyaient. Elle savait placer un compliment de temps en temps pour être à la hauteur de sa bonté, payait la traite aux jujubes Laura Secord toujours en y joignant un : « Mon Dieu que tu as des beaux yeux Dominique », « T’es dont bien fine ma Linda », « Ah que j’t’aime dont Mélanie », « Un p’tit bec à Chantal » et sans oublier le chant « bonne fête » ma belle Sylvie la journée de son anniversaire, se faisant aller les épaules, son regard étincelant de bonheur, au moment ou elle n’avait plus qu’une quinzaine de jours à vivre.

À chaque fois que le regard de maman croisait quelqu’un, c’était pour l’embrasser, ou lui envoyer un p’tit bec, lui dire merci ou lui adresser un compliment. Rita avait le don de répandre l’amour autour d’elle.

Pendant ses moments de douleur, elle réussissait à sourire en lâchant un p’tit ouch !… Un matin lors de la visite de Nadine, sa madame docteur adorée, elle lui répondit à sa question habituelle : « Comment ça va, Mme Goyette? »  « Ça va bien… et vous madame docteure ? »  Maman n’avait pas envie d’être sa patiente, mais celle qui donnait, alors elle lui a pris la main pour l’embrasser.

Rita était une femme forte et nous l’a démontré encore une fois. Comme à l’image de sa vie en 92 ans 2 mois et 4 jours, Rita ne s’est jamais plainte, n’a jamais parlé de souffrance ni voulu qu’on s’apitoie sur son sort.

De ses presque 5 pieds (1,5 mètre) menue, délicate toute en beauté, aussi fragile qu’une tasse de porcelaine, mais un grand cœur qui occupait toute la place, elle fut un exemple de courage qui nous a impressionnés.

Son désir de poursuivre sa mission de mère aimante était plus fort que tout, elle voulait propager son amour pour la vie le plus longtemps possible…

 

Toute une leçon de vie ça…. m’man !  

Eh bien RITA chérie, mission accomplie !!!!  

Marie-Claire

Parole aux petits enfants : Paul, Madeleine, Mathilde, Gabrielle, Marie-Catherine, Charles-Antoine, Marie-Hélène