Une relève, toutes générations confondues

L’Alinéa – octobre 2018

 

Lorsque le mot relève nous vient à l’esprit, immédiatement on s’imagine un jeune entrepreneur des milléniaux. Eh bien, détrompez-vous! Dans le merveilleux monde de l’écriture, la relève émane de toutes générations, tous âges confondus. La belle affaire se colore d’une diversité de façons d’écrire, de thèmes et de styles qui s’enrichissent des ères du temps.

Fière baby-boomer, issue d’une génération qui a voulu changer le monde, je me suis intéressée à l’écriture par hasard (mais est-ce vraiment un hasard?) car pendant des décennies, le rythme du quotidien et la routine métro, boulot, dodo ne me laissaient pas le temps de m’arrêter ni de m’intéresser à cette expression porteuse d’idées. Cela dit, avant de comprendre le pourquoi du comment de ce qui m’a mené vers elle, un fait demeure : nous savons tous qu’écrire fait du bien et qu’elle est un allié de taille, ne serait-ce que pour voir clair en soi. Puis vient un temps où des auteurs(es) comme moi désirent partager leur expérience professionnelle par le biais de la sagesse de l’écriture.

En quête identitaire ou par déformation mentorale, le premier ouvrage a représenté une intention de communiquer la méthode avec laquelle j’ai travaillé pendant plus de trente-cinq ans, sans y avoir prêté ni attention ni nom. Ainsi mot par mot, phrase par phrase, même si certains matins je devais me contenter de n’avoir écrit qu’une seule ligne, petit à petit le livre: Valeurs et Vitesse, mieux communiquer pour être ReMarKé a vu le jour en 2016.

La pratique  a été enrichissante et certainement bien différente de tout ce que j’avais vécu en communication marketing. Découvrir le monde de l’édition se révèle une expérience surprenante. Pendant l’année des lancements, des rencontres, des entrevues et des salons du livre, mon éditrice, feu Marie Brassard, m’encourageait constamment à me pencher sur un deuxième manuscrit. En ce temps-là,  pour moi, c’est clair comme de l’eau de roche : je suis devenue auteure par accident et je n’ai aucunement l’intention de récidiver même si l’aventure m’a plu. Je croyais que l’inspiration s’était présentée une fois dans ma vie tout bonnement comme ça…  et maintenant j’affronte noir sur blanc  un vide littéraire.

La vie a de ces tournures de phases! Une bousculade d’événements imprévus en a modifié le cours. Impossible de nager à contre-courant,  je ne pouvais que me laisser emporter par le flot, et la fougue de cette eau bouillonnante.

Ainsi, 24 mois après le premier récit, une inspiration venue de je ne sais où m’a donné la chance d’en coucher sur papier un deuxième, qui verra le jour publiquement cet automne; c’est mon désir le plus cher. Le manuscrit est entre les mains de quelques comités de lecture de maisons d’édition.

J’en suis convaincue aujourd’hui, et je ne vous apprends rien en disant que l’écriture par ses accents, ses structures uniques porte en elle la charge émotive de notre identité. Les mots messagers de sensations et d’actions deviennent en quelque sorte notre équilibre ou notre déséquilibre, mais chose certaine ce paradoxe est salutaire et vaut la peine de se laisse emporter par lui. La relève est intemporelle dans l’exercice de l’écriture; l’imprévisible de la vie est sans doute la meilleure preuve d’infinies possibilités si on agit en conservant son intégrité, et, dans cette perspective, tout devient une expérience intéressante et enrichissante.

Je le souhaite sincèrement pour vous sans égard à votre âge ni à votre génération.