Les Zapartistes, rire aux larmes, mais surtout rire jaune

Critique du spectacle d’humour – Les Zapartistes

Les Zapartistes

 

La salle pleine à craquer rit à gorge déployée au spectacle des Zapartistes au Théâtre Granada de Sherbrooke, le 27 septembre. Les spectateurs se bidonnent, mais surtout rient jaune de notre campagne électorale, qui vient de se terminer.

La formation composée de quatre humoristes accompagnés sur scène de trois musiciens livre des imitations des quatre chefs des partis politiques; des satires des «pas tellement»: électeurs insatisfaits des réponses de la part des leaders. Le quatuor reprend aussi les meilleures gaucheries des candidats.

 

Un début un peu raté… mais un rattrapage foudroyant

Vingt heures cinq minutes, les projecteurs s’allument à tour de rôle, les trois musiciens nous entraînent sur un air rock and roll. Le spectacle s’ouvre sur ce rythme endiablé, mais s’essouffle rapidement lors des premiers numéros. Les Zapartistes entrent en scène à la course et immédiatement demandent la participation du public.  On a l’impression que leur introduction sent le réchauffé, du déjà vu 100 fois et peu d’applaudissements, peu de participation en retour; numéro ni très drôle ni très réussi finalement. Les textes sont peu convaincants. Les quatre humoristes n’arrivent pas à capter l’attention de leur audience, encore moins à la garder. Des blagues du genre : «On devrait gérer l’état comme une bonne mère de famille, car on n’a jamais vu des pères gérer la maison»  ne soulèvent ni rires ni réactions. On sent la tension entre les quatre humoristes, qui auraient bénéficié de plus de préparation : aucune de leurs répliques n’est spontanée, les ripostes sont lues, leurs yeux rivés uniquement sur leurs textes. Justement, le temps de préparation constitue une denrée rare, car le spectacle est basé sur l’actualité parfois aussi récente que celle de la journée même.

 

Puis vient le meilleur

Au milieu de la première partie, l’entrée de Jean-François Lisée et de Véronique Hivon est hilarante. Une parodie du chef écrasant sa vice-chef afin de démontrer que c’est lui le patron. Il  parle de son écoute attentive des conseils de Véronique, mais démontre l’inverse. On se rappelle des accusations qui, malgré l’opposition de Madame Hivon, ont été lancées contre Manon Massé par Monsieur Lisée, durant la semaine. Une manifestation égocentrique du  politicien : celle du pouvoir de la testostérone à son meilleur.  L’imitation de Vincent Marissal suscite, elle aussi, des rires aux larmes. À partir de ce moment, on sent que les spectateurs participent. Malheureusement, l’entracte est annoncé, et cette pause met fin à ce que le public venait chercher en assistant au spectacle : une détente par le rire collectif.

 

Heureusement, le retour sur scène du groupe d’humoristes surfe sur la même vague. Somme toute, une soirée qui nous a déridés, nous avions besoin de soulagement  après cette campagne électorale. Alors, la tradition continue, on vote pour le candidat le moins pire ou pour celui-celle qu’on imagine vainqueur. Tout comme l’imitation de cet électeur éternel perdant, qui vote pour être gagnant au moins une fois dans sa vie.