Lettre d’adieu

Mont Shefford, le 19 mars 2018

Bonjour chère Suzanne,

Certaines lettres sont plus difficiles à écrire que d’autres. Eh bien! celle-ci en est une. Depuis l’automne, j’essaie de traduire en mots tout ce qui loge dans mon coeur et que j’ai de la difficulté à visiter. Comment puis-je t’écrire, te formuler, te transmettre l’éternelle reconnaissance que je ressens à ton égard? Impossible! La nostalgie m’habite en ce moment, comme les traces laissées par le temps qui fuit.

Ainsi, la pensée de ma mère guidera ma main et parlera à travers elle. Je devrais plutôt évoquer son cœur, à la place de sa pensée. Toute la noblesse de tes gestes et la richesse de ta sagesse à travers la délicatesse de tes soins assidus envers ma mère m’ont sidérée. Décidément! je suis chanceuse que mon chemin ait croisé celui d’une femme comme toi. Tu sais, Suzanne, j’ai remis entre tes mains l’être qui m’était le plus précieux au monde : ma petite maman chérie. À mon avis, il n’y a pas de mots pour extérioriser mes sentiments… aucun mot n’existe… Oui, vraiment! je t’assure que tu as été un ange gardien. Une aidante qui a pris sous son aile la pénible et     longue agonie de ma mère (particulièrement lorsqu’elle est entrée aux soins palliatifs). De plus, tu as contribué à adoucir mon deuil pendant mes moments de détresse.

Merci, merci, merci — pour tout — ce que tu lui as apporté! Tu as permis à maman de conserver sa dignité au long de son envol pour le grand voyage. Je te dis merci pour avoir émaillé des jours ordinaires de p’tits bonheurs extraordinaires. Rita m’a exprimé un désir avant de nous quitter : elle voulait te faire savoir qu’elle sera toujours là pour toi.