Une rentrée mouvementée

Ce matin, le départ pour l’université s’avérait pénible plutôt qu’une agréable balade hivernale vers Sherbrooke. Avant de prendre la route, je m’apprêtais à déneiger la voiture recouverte par la dernière tempête. La gelée jammait les essuie-glaces ainsi que les portières. L’heure tardive bousculait l’opération ingrate. Un premier défi! récupérer la brosse bleue, la mieux aguerrie afin de soutirer la glace sans égratigner ma nouvelle automobile. Trop excitée par le retour en classe, j’oubliais où elle se trouvait. Probablement sur le siège arrière, mais je n’y voyais rien, la vitre démesurément givrée. Mal vêtue, je commençais à ressentir un picotement aux mains et aux pieds. Le vent du nord me râpait la mâchoire. L’impatience, la mauvaise humeur transformèrent l’excitation du  jour en scénario d’un lundi matin mal foutu.  Jusqu’au moment où mon gentil mari, le cher Donald arriva à la rescousse. Quelle âme charitable ce Donald!

Arrivée en classe ce matin dans un local incolore, inodore et peu invitant je ressentis une bizarre d’impression. En attente du  professeur,  je me retournais de gauche à droite afin de choisir un pupitre. Un lourd et soutenu silence primait dans la classe. La plupart des étudiants regardaient tête baissée leur écran lumineux et textaient  des amis invisibles. Une fois assise, je me rendis compte de l’âge de mes collègues de cours. Une, deux ou peut-être trois générations nous séparaient. Que cela ne tienne, la passion ne relève pas du temps!

Au téléjournal hier soir, on présentait trois types de nouvelles :  un accident routier, un meurtre passionnel ainsi qu’un incendie. L’habituel scénario de chaque jour. On remarque de plus en plus que la voie des journalistes, leur habillement et leur gestuelle deviennent aussi déprimants que les actualités rapportées.