Contempler la plage en parachute à Noarhunga, Australie

L’idée de partir aux antipodes du Québec débute à l’automne 2012, lors d’une soirée bien arrosée. Ma sœur et moi décidons de quitter l’hiver pour profiter de l’ardente chaleur du sud pendant les vacances de Noël. Pour nous, l’Australie se révèle une destination de prédilection. Fouler le sable chaud des plages australiennes nous enchante, mais nous sommes surtout excitées de rendre visite à notre grande sœur, Louise, qui habite Adélaïde depuis cinq ans.

 

Départ                                                                                        mercredi matin 19 décembre 2012
Toutefois, la destination est à plus de trente-six heures de Montréal, dont vingt-quatre de vol, quatre correspondances avec trois différentes compagnies d’aviation et un décalage horaire sans précédent. Dès notre premier décollage, le trajet se transforme en aventure : première escale,  Toronto : tempête de neige; deuxième escale, Vancouver : vents violents en prévision; troisième escale, Hawaï : début d’une tempête tropicale de catégorie «un»; quatrième escale, Sydney en Australie : incendie dans le terminal. Pour conclure le voyage, vol de Sydney en direction d’Adélaïde : soleil et chaleur à profusion. Décidément! la turbulence entre ciel et terre s’annonce électrisante, et les passages dans les aéroports périlleux. Ce scénario inquiète passablement la sœur cadette. Elle me regarde avec de grands yeux saillants alors, pour la rassurer, je lui lance :  «Attache ta ceinture puis ta tuque avec d’la broche, on part!» Nous décollons un mercredi matin, suivons le soleil levant pendant 20 heures avant d’arriver à destination, le vendredi.

 

Destination : Adélaïde, Australie du Sud                                      vendredi soir 21 décembre 2012  
Dès notre descente d’avion, nous nous empressons d’aller rencontrer notre frangine. Ma sœur aînée, une grande mince et élancée aux yeux bleus, est une aventurière-née. Elle adore découvrir différentes mentalités à travers le monde. Louise parle quatre langues, ce qui lui permet de travailler sur plusieurs continents. Femme charismatique, elle dégage beaucoup d’assurance.  Toutefois, son côté téméraire la place souvent dans des situations pour le moins désagréables.

Une fois les bagages déposés à l’arrière de la jeep, nous partons pour le chalet. Fantastique! aucun souci d’itinéraire, l’aînée a planifié toute notre aventure «down and under»! Nous nous dirigeons vers Port Noarhunga. Situé à 30 kilomètres au sud d’Adélaïde, il jouit d’une plage reconnue pour son débarcadère de 1.6 kilomètre longeant la mer.

Nous roulons sur des chemins qui contournent la toundra australienne. Champs et montagnes à perte de vue, une immensité jaunie parsemée d’arbustes kaki s’étend devant nous. La fourgonnette ralentit pour céder la route à une maman kangourou avec son petit endormi dans la poche maternelle. Plus loin, nous apercevons un koala qui se gave de feuilles aphrodisiaques d’eucalyptus. Nous restons bouche bée devant toute cette magnificence.

Port Noarhunga_Gemco

 

Noël à Noarhunga                                                                                    mardi 25 décembre 2012
Les premières nuits du séjour ne sont pas reposantes. Progressivement, ma sœur et moi nous adaptons au fuseau horaire. Aujourd’hui, c’est une journée au bord de la mer assises sous le soleil à regarder les prouesses des surfeurs. Soudain, des couleurs éclatantes se détachent du ciel bleu. Les formes multicolores se rapprochent. On distingue deux parapentistes survolant le bord de l’eau. Ceux-ci, soutenus par un câble et tiré par un  quatre-quatre roulant sur la plage, se détachent de l’horizon à proximité du quai et se posent doucement sur le sable.

Louise observe les étincelles dans mes yeux et demande : « Veux-tu essayer? Je connais le gars de la jeep, il se nomme James. Je suis certaine qu’il acceptera de t’enseigner la technique. C’est mon cadeau de Noël.» Eh bien oui! j’accepte sur-le-champ.

James se présente : «I am your paragliding instructor.» Le cours débute par des manœuvres servant à amortir les soubresauts du vent. Par une démonstration saccadée et avec un accent incompréhensible, James m’indique comment éviter que les cordages ne s’entremêlent. Bon, qu’à cela ne tienne! J’ai compris l’essentiel.

Il ajuste le parachute et m’installe dans le sac-harnais. «Are you ready?» Je suis prête. Je lève les pouces vers le ciel et, en quelques secondes, je vole au-dessus de l’océan Indien.

Parachutisme_Gemco

J’observe la côte de Noarhunga, d’une hauteur de plus de cent mètres. Des dauphins nageant en synchronisation me suivent à droite, des voiliers arrivent au port à gauche; un spectacle grandiose! Pendant plus de quinze minutes, j’ai contemplé l’immensité du panorama! Quel bonheur!

James me fait signe de patienter avant de détacher le cordage. Ne réussissant pas à comprendre sa consigne, je me laisse tomber dans l’eau près du quai. Au même moment, le vent se lève et  m’entraîne dans le tourbillon des vagues, plus loin que prévu. L’instructeur court sur le quai et me lance un gilet de sauvetage. Plusieurs bouillons plus tard, je sors la tête de l’eau et lui crie : « Hellooo! espèce d’inconscient! j’ai failli y rester!» Je conserve, encore aujourd’hui, une frousse de ce court, mais mémorable périple.

 

Barossa Valley                                                                                     vendredi 28 décembre 2012
Après ce début de vacances mouvementé, nous arrivons dans une région plus paisible. Nous roulons pendant une heure, au nord-est d’Adélaïde, pour rejoindre la vallée de Barossa, l’une des plus importantes régions viticoles au monde, avec ses 150 exploitations et ses 80 caves. Une promenade dans les rues de cette vallée nous évoque un pèlerinage champêtre d’autrefois.

Cependant, la gastronomie locale classée cinq étoiles est franchement décevante. À mon avis, la cuisine australienne est loin d’être l’égale des délectables plats français que nous connaissons. D’ailleurs, l’odeur de laine moutonnière que dégagent les plats ne nous ouvre pas du tout l’appétit.

C’est au Coonawarra, que nous nous arrêtons pour l’après-midi. Le propriétaire nous accueille dans son cellier et nous verse un petit coup de rouge. Le verre de vin se change en dégustation prolongée de quelques bouteilles. Nous quitterons la région tard en soirée en espérant poursuivre le séjour le lendemain.

Coonawarra_Gemco

 

Kangaroo Island                                                                                         lundi 31 décembre 2012 
Nous parcourons aujourd’hui la terre des kangourous. C’est l’un des plus beaux endroits pour admirer de près la faune et la flore locales. Cette île étonnamment grande mesure 155 kilomètres de long et 55 à son endroit le plus large. Nous marchons parmi les koalas, les kangourous et la collectivité des lions de mer. Des animaux dans leur habitat naturel magnifiquement tapissé d’une flore sauvage nous font réfléchir à la petitesse de l’homme.

Kangaroo Island_Gemco

 

Sidney                                                                                                          vendredi 4 janvier 2013       
Déjà!… La dernière destination! Nous sommes en piste pour l’atterrissage à Sydney, une ville moderne construite en harmonie avec la nature sur les rives de la mer de Tasman. Nous visitons quelques musées et nous promenons dans le quartier « Central Business District » pour magasiner un peu avant de rentrer au Canada. Le lendemain, ma sœur nous offre des billets pour l’Opéra House. Un concert et une soirée, forte en émotions, soulignent la fin du voyage.

Sidney_Gemco

 

Départ                                                                                                          dimanche 6 janvier 2013 
Le départ a été déchirant. Cette fois-ci, le soleil couchant nous accompagne. Quelque part entre Vancouver et Montréal, je me réveille, regarde par le hublot et vois la neige au sol. Nous voilà de retour, des images plein la tête.